Pourquoi stériliser

Le problème des chats errants devient un souci croissant. Il naît beaucoup plus de chatons chaque année qu’il n’y a de familles pour les adopter. 

Vous avez été ému(e) par un chat perdu ou abandonné ? Vous le nourrissez ? C’est bien, mais cela ne suffit pas à le protéger. Savez-vous qu’un chat bien nourri se reproduit plus efficacement qu’un chat malade ? En bien meilleure santé, les chatons et leurs parents survivent plus facilement et prolifèrent. Rapidement en surnombre, vous vous retrouvez plus vite que vous ne l’imaginiez à la tête d’une troupe de chats affamés et plus facilement malades, sans même vous en rendre compte. « Nous pouvons vous aider. »

Le devenir des chats errants, vivant en groupe dans des lieux publics, capturés et conduits en fourrière est le plus souvent l’euthanasie, du fait de la difficulté de leur adoption (âge, sociabilité) et de la surcharge des refuges.

La reproduction des chats errants suit un schéma cyclique en lien avec la lumière du jour et les températures ambiantes. S’il ne s’agit pas d’une science exacte, les mêmes tendances se répètent toutefois chaque année au sein des populations de chats errants. Voici quelques vérités générales à connaître :

  •  Les chats mâles et femelles atteignent la maturité sexuelle vers l’âge de 6 mois (entre 5 et 7 mois en moyenne). 
  • Les chattes sont très rarement stériles.
  • Une femelle peut mettre bas dès l’âge de 7 mois.
  • Elle peut retomber en chaleurs alors qu’elle allaite encore sa précédente portée.
  • Une chatte peut avoir 2 à 3 portées par an de 4 chatons en moyenne.
  • Elle reste féconde toute sa vie.
  • Il n’y a pas de naissances en hiver. Toutefois, les saisons étant de moins en moins marquées, cette pause dans le cycle de reproduction des chats errants est de plus en plus courte.

La gestation de la chatte dure environ 2 mois, après quoi elle choisira un endroit adapté pour mettre bas. Elle pourra par exemple choisir de s’installer chez ses voisins humains et leur confier la socialisation de ses petits si elle se sent suffisamment en sécurité. Statistiquement, les chatons présentent un fort risque d’être abandonnés, voués à une vie misérable ou encore à l’euthanasie. Si ceux-ci ont la chance d’être adoptés, ils prendront inévitablement la place d’autant de chatons nés dans la rue qui devront y rester ou y mourir faute d’adoptants.

Il naît en effet chaque année bien davantage de chatons qu’il n’y a de familles souhaitant les adopter.

La chatte peut également choisir de mettre bas à l’extérieur, dans un jardin, une grange, un abri de fortune… Ce cas n’est pas davantage souhaitable, car si elle élève ses chatons loin des humains, les petits très méfiants et non sociabilisés ne seront pas adoptables. Ils seront donc condamnés à devenir des chats errants s’ils ne meurent pas avant (la majorité des chatons errants meurent dès leur plus jeune âge : maladies, circulation routière, attaqués par des chiens, éliminés par des riverains, … les dangers sont innombrables).

Il s’agit d’un acte pratiqué par un vétérinaire, effectué sous anesthésie générale.

La stérilisation d’une femelle consiste en une opération d’une vingtaine de minutes appelée ovariectomie et consistant à enlever les ovaires. Dans le cas d’une gestation non désirée ou d’un problème de santé (tumeur, infection…), le vétérinaire peut procéder à une hystéro-ovariectomie, qui consiste en l’ablation des ovaires et de l’utérus. La minette peut être un peu fatiguée et désorientée pendant un jour ou deux après l’opération du fait de l’anesthésie, mais elle s’en remet bien vite.

Pour les mâles, l’opération est beaucoup plus légère et rapide. La castration consiste à retirer les testicules via une petite incision sous anesthésie. Le chat se remet très vite de son opération.

Il est préférable de faire stériliser les chats dès qu’ils ont 6 mois, pour éviter aux femelles leurs premières chaleurs et que les mâles prennent des habitudes de chat non castré (marquage urinaire, griffades, fugues…).

L’extermination en masse prônée par certains n’apporte pas de solution durable car les sites sont colonisés par d’autres individus quelques semaines plus tard. Des chats auront été sacrifiés pour rien !

Quand un groupe de chats errants est signalé, certaines communes mandatent systématiquement une société privée de ramassage des animaux errants, avec mise en fourrière et euthanasie dans la plupart des cas. Coûteuses pour le contribuable, l’efficacité de telles campagnes de capture est aléatoire et temporaire, puisqu’une intervention est réalisée sur une courte période et ne garantit pas de capturer l’ensemble du groupe. D’après nos observations sur le terrain, les chats les plus méfiants ne sont souvent pas attrapés et ils continuent à proliférer.

Il existe une alternative plus humaine et plus efficace pour éviter la multiplication des chats des rues et les nuisances associées (bruits, odeurs,…) : la stérilisation.

Il s’agit d’une gestion durable des populations de chats dits « libres » passant par une identification, une stérilisation des animaux puis une remise en liberté sur leur lieu de vie d’origine. Cette forme de gestion permet de réduire le nombre de chats errants, évite la colonisation des territoires par de nouveaux individus et favorise l’intégration de l’animal en ville.

Une seule condition à cette réussite : capturer au moins TOUTES les chattes du groupe (ce que notre association met un point d’honneur à faire) et faire par la suite stériliser tout nouvel arrivant.

Qu’elle concerne les chats de particuliers ou bien les chats errants, la stérilisation est la seule solution fiable qui permet d’éviter la naissance de chatons non désirés.

Selon les statistiques, seul un chaton sur douze trouvera un foyer. Nés chez des particuliers ou bien dans la rue, les chatons se comptent effectivement par milliers chaque année, en Gironde, et ceux qui ne trouveront pas de famille sont voués à une vie misérable. Abandonnés au moment des vacances ou livrés à eux-mêmes après le sevrage de la mère quand ils naissent dans la rue, ils survivent comme ils peuvent, quand ils ne sont pas ramassés par la fourrière et euthanasiés faute de place pour les recueillir. Chassés, malnutris, malades, poussés par leurs hormones à se reproduire à un rythme effréné : 2 à 3 portées par chatte du printemps à l’automne, tel est le devenir des chats des rues causé par leur surpopulation.

Dans le but de sauver un maximum de chatons nés dans la rue, il faut absolument réduire le nombre de naissances en amont car les places pour adoption sont limitées, faute de familles adoptives pour TOUS ces petits. Si vous nourrissez un chat errant et que vous avez besoin d’aide pour l’attraper en vue de sa stérilisation et de sa remise en liberté au même endroit, appelez-nous aussitôt et non pas après qu’il ait donné naissance à une dizaine de descendants ! Nous pouvons vous aider.

Contactez-nous au 06 82 00 91 41 et laissez un message, ou envoyez-nous un mail à chatserrants.edc33@gmail.com

Il est préférable de laisser une chatte faire une première portée avant de la faire stériliser.

FAUX ! Cette idée n’a aucun fondement scientifique. Il s’agit plutôt d’une vue humanisée du chat. Une chatte n’a pas besoin d’avoir des chatons pour être équilibrée. Au contraire, la faire stériliser avant ses premières chaleurs tend à réduire les risques de cancers mammaires ou d’infections de l’utérus.

C’est bien de laisser les enfants assister au miracle de la naissance des chatons.

Attention ! Les chattes choisissent généralement un endroit douillet et tranquille, bien caché pour mettre bas. Souvent cela se passe la nuit. La mise bas n’est pas sans risques pour une minette, comme pour les chatons à naître. Il est effectivement très agréable de voir les petits chatons grandir et se développer petit à petit, mais… et après ?

Il faut déjà que la mère accepte et prenne soin correctement de ses petits, car il arrive parfois qu’une minette délaisse sa progéniture. Il faut avoir beaucoup de disponibilité et un certain savoir-faire pour pouvoir assumer les soins et le biberonnage de chatons nouveau-nés, dont les chances de survie sont faibles, sans leur mère ! Une fois le sevrage atteint, l’abandon ou l’euthanasie ne sont sûrement pas envisageables si le but était d’émerveiller les enfants ! Placer des chatons dans des nouveaux foyers responsables n’est pas chose aisée, et il y a déjà tellement de chatons qui attendent d’être adoptés dans les refuges de protection animale, ou dans la rue.

Prendre le risque d’augmenter le nombre de chats réduits à une vie misérable dans la rue, perdus ou abandonnés, est-il vraiment si merveilleux ?

Je donne la pilule à ma chatte, il n’y a donc pas de risque !

FAUX ! La pilule ne représente pas une bonne méthode de contraception si la chatte n’est pas destinée à avoir des petits. Certes, les hormones contraceptives agissent sur les chaleurs en les supprimant mais n’ont pas d’actions sur les différents problèmes hormonaux liés à la présence des ovaires. Les dérèglements hormonaux ou la sécrétion permanente d’hormones sexuelles, peuvent provoquer de très graves maladies, comme le cancer. Les chattes sous pilule, même quelques mois, sont sujettes fréquemment à des métrites (infection de l’utérus), des tumeurs et kystes ovariens ainsi que des tumeurs mammaires, tumeurs très souvent cancéreuses.

La castration rend les mâles apathiques, molassons et gros.

FAUX ! La castration réduit grandement les risques de fugue des chats qui deviennent alors plus casaniers. Ils peuvent être plus câlins et moins agressifs, mais restent malgré tout très joueurs et actifs pour peu qu’on les y incite. L’incitation au jeu permet donc de forcer les chats à bouger et dépenser de l’énergie ce qui contribue à éviter la prise de poids. Enfin, une nourriture adaptée permet de couvrir exactement leurs besoins nutritionnels.

Il est inutile de castrer un chat mâle.

FAUX ! Effectivement, votre chat mâle ne risque pas de ramener une portée de chatons à la maison en vous les laissant sur les bras ! Mais par contre, songez qu’à chaque fugue ou escapade due à la présence de chattes en chaleur dans les environs, il devient le père d’un grand nombre de chatons qui risquent fort de devenir des chats des rues. Faire castrer son chat mâle permet de contribuer à diminuer le nombre de chats errants !
En outre, un mâle entier se bat pour défendre son territoire ou conquérir les femelles : il s’expose ainsi à des morsures profondes qui pourraient lui transmettre le virus du sida du chat (FIV) contre lequel il n’existe aucun vaccin. La castration demeure l’unique solution pour protéger votre chat de ce virus car elle lui permet de s’affranchir de l’emprise des hormones sexuelles sur ses agissements. La cohabitation avec les humains s’en trouvera également améliorée par la diminution des comportements de marquage et d’agressivité.

Vous pouvez consulter l’excellent blog « Boules de Fourrures », tenu par un vétérinaire, traitant de sujets variés, et notamment de la castration d’un chat  et de la stérilisation d’une chatte.

Leo le footballeur